Caporal-Chef Paul Fiquet, BMTS 28, 1949-1951

« Lors d’un séjour en Indo (1949/51), j’ai fait partie d’une section de partisans pendant un an (1950), ceux-ci, affectés au BMTS 28 en centre-Annam (Hué – Tourane). J’ai bien connu et cotoyé ces amis vietnamiens, farouches ennemis du VietMinh, dont beaucoup étaient catholiques et passés du côté français avec leurs familles ou ce qu’il en restait, tous ayant eu à subir les sévices du VietMinh. »

« Mon rengagement pour quatre ans signé, je reçois mon affectation pour le 3ème RIC. J’arrive à Maisons-Lafitte où cantonne un des bataillons. Je perçois la nouvelle tenue nationale : blouson à boutons ornés de l’ancre de marine, pantalon long, calot fantaisie de la coloniale, et pour l’exercice : treillis vert modèle US. J’apprécie la vie au camp ainsi que les cours d’élèves-caporaux. Je me spécialise dans l’apprentissage du tir au mortier. Les performances sont excellentes et au bout du stage, chacun reçoit ses chevrons de caporal. Petit à petit le camp se vide, les gars sont affectés au CRTCM (Centre de Regroupement des Troupes Coloniales et Métropolitaines), détachement de renfort E.O. se trouvant à Fréjus, point de départ obligatoire pour l’indochine.

Après une dernière permission, je regagne par le train Fréjus le 27 février 1949. De là, je rejoins à pied Puget sur Argens où se situe un camp d’entraînement destiné aux troupes se rendant en Extrême-Orient.
Je suis affecté à la CCB (Compagnie de Commandement du Bataillon) du 28ème BMTS. Les tirailleurs sénégalais sont principalement des appelés, les gradés sont volontaires et plusieurs de ces bataillons de marche sont en indochine.
Je m’intéresse immédiatement à ce nouveau corps, qu’est le BMTS 28 destiné à la relève en indochine, constitué d’hommes de troupes africains, plus de la moitié du bataillon. Ces tirailleurs originaires d’AOF ayant déjà un an de service ont besoin d’une instruction supplémentaire. Au bout de quelques jours, l’instruction débute, cette fois, c’est moi qui enseigne.
Tout est prévu pour la vie en vase clos : restaurant, bar, foyer, et même un BMC (Bordel Militaire de Campagne) avec des femmes nord-africaines où tout le monde n’a pas accès en même temps. Blancs et noirs sont séparés à tous les niveaux : cantonnements, cuisines, réfectoires. Pour eux, comme pour nous, cela semble naturel de ne pas cohabiter ; leur nourriture est à base de riz, de mil, de sorgho, de maïs, de manioc et de couscous aux morceaux de boeuf cuits dans un bouillon épicé. Par ailleurs, ni vin ni alcool, leur boisson se limite à la limonade ou au soda.

A sept heures, c’est le rassemblement. Nous faisons une demi-heure de « jogging » puis toilette aux lavabos collectifs et petit-déjeuner. Ensuite, vêtus de treillis, nous partons au bout du camp où un endroit est réservé pour le tir, l’exercice, ainsi que les cours théoriques. Nous faisons l’apprentissage à de grands enfants, peu enclins à prendre les choses au sérieux. Tout est sujet à rigolade de la part des tirailleurs. L’instruction est difficile, un faible pourcentage assimile la tactique de la ligne de mire, les autres visent au jugé pensant que pour tirer loin, il faut simplement lever le canon.
Nous sommes équipés de deux mortiers américains de 60 et 81 m/m, nous avons deux mitrailleuses US calibre 7,6 et 12,7 pour exercices réels, où nous tirons au-dessus de tunnels de fil de fer sous lesquels rampent les tirailleurs. Ma situation d’ancien d’indochine me vaut considération et estime de tous.

L’instruction du bataillon se boucle au bout de quatre mois. Après le passage à l’infirmerie pour les vaccinations, chacun reçoit le paquetage colonial. Le départ se dessine et plus aucune permission n’est accordée.
Nous sommes maintenant équipés d’une tenue d’été française de qualité, en toile kaki, d’un casque en liège orné de l’insigne de la coloniale, et d’un treillis modèle US. Nous conservons le casque lourd américain. Finis les godillots à clous, l’on a de solides brodequins à semelles de caoutchouc ainsi que des souliers bas en cuir pour la ville. Le bonnet de police bleu marine à liseré rouge et ancre de marine, d’une coupe à l’américaine complète cet uniforme parachevé d’un imperméable, sans oublier l’indispensable moustiquaire.

Nous conservons notre armement composé de MAS 36, de MAS 38, de 24/29, de mortiers de 60 et 81 m/m, de bazookas ainsi que de maitraillauses 7,6 et 12,7 de marque US.

Mardi 29 mars 1949, une prise d’armes au camp a lieu le jour de l’embarquement. Notre chef de corps remet le fanion tricolore au BMTS 28. En quelques mots, il rappelle la mission à remplir, puis le bataillon embarque à la gare de Puget à deux heures du matin vers sa nouvelle destination.

Départ et voyage

Mercredi 30 mars, nous sommes à Marseille au petit matin. Le paquebot qui va nous embarquer à destination de Saigon est là, attendant d’engouffrer le matériel, les hommes du BMTS 28, puis la Légion Etrangère composée principalement d’Allemands. Après l’embarquement d’environ deux mille hommes, tout le monde se trouve enfin à bord, et à 16h30 sonnant, c’est l’appareillage de l’Athos II. Le voyage sera long car nous allons faire vingt quatre jours de mer avec trois escales : Port-Saïd, Djibouti et Colombo.

…Nous voguons maintenant sur la mer de Chine, la pointe de Ca Mau est proche, en avant sur Cap Saint-Jacques, l’embouchure de la rivière de Saigon qu’il nous faut remonter. Cinq heures de navigation et ce sera terminé. Tout semble calme durant la remontée de la rivière, la vision de la cathédrale de Saigon et de ses immenses flèches élancées surmontées d’une croix en surprend plus d’un. C’est le samedi 23 avril 1949 que nous arrivons en vue de Saigon. Nos paquetages bouclés, nous quittons l’Athos II après vingt-quatre journées de complicité !

Toujours cette odeur flottant dans l’air que l’on croit retrouver et qui n’est jamais la même. Au début on a la nausée puis l’habitude gagne nos cellules olfactives qui n’oublieront pas cette odeur spéciale et caractéristique de ce pays imprégnée dans nos vêtements, notre épiderme, même après des mois de retour en France !

Saigon est une cité moderne élégante, très française, ombragée par des flamboyants qui faisant l’admiration des visiteurs. La rue Catinat avec son théâtre et son Continental-Palace déborde de vie. Toujours ce fourmillement de véhicules militaires, bicyclettes, cyclo-pousses, pousse-pousses, mêlés aux piétons européens aux casques de liège et indochinois aux chapeaux coniques. Soudain, une vision de paix dans ces jeunes filles que nous croisons, aux yeux bridés, aux cheveux de jais plats et lisses, aux sourires éclatants.

Puis après un défilé dans les rues gonflées d’européens, derrière la musique de la Garde, nous laissons Saigon et sommes dirigés sur le camp Petrus-Ky où le BMTS 28 passe deux nuits dans de grandes paillotes rectangulaires, attendant les ordres. Bien qu’unité de réserve générale, notre bataillon sera mis en route sur le Cambodge, Protectorat français sous le règne du jeune roi Norodom Sihanouk.

Le Cambodge, 26 avril-28 mai 1949.

Le mardi 26 avril, un détachement se dirige par voie d’eau en direction de la capitale du Cambodge à deux cent quarante kilomètres de Saigon. Quant à nous, nous partons le lendemain 27 avril par voie routière avec des véhicules non révisés perçus à notre arrivée. Nous atteignons la frontière cambodgienne à Soai-Rieng sur le Vaico, une cité à mi-distance de Saigon et de Phnom Penh.
Nous sommes maintenant dans le berceau de l’ancien empire khmer. Ici l’on sourit naturellement à l’étranger, le peuple est gai et chaleureux. 20h30, le dernier camion arrive dans la capitale devançant de deux jours le détachement fluvial. Seule grande ville du Cambodge, Phnom Penh est située au confluent du Mekong et du Tonle Sap (« Grand Lac » en khmer).

A gauche : mai 1949, Phnom-Penh (Cambodge), c/chef Paul Fiquet, BMTS 28. En perme au Palais Royal. Le BMTS vient de débarquer. (Collection P. Fiquet -droits réservés)
Au petit matin du 29 avril, le détachement fluvial débarque. Le BMTS 28 au complet est regroupé puis dispatché : la 4ème Cie sur la route de Saigon-Chodoc, la 3ème Cie stationne dans une distillerie, la 2ème Cie au Stade, le PC, la 1ère Cie et la CCB cantonnent au camp Monivong situé en centre ville.

Pour tous, civils et militaires, le couvre-feu est à 22 heures. Le centre ville se vide et les dernières à circuler dans les rues désertes sont les filles de joie aux rires perçants. Dès notre arrivée, la ville s’est transformée en un véritable lupanar avec des prostituées outrageusement maquillées, peu vêtues, mais dans l’ensemble extrêmement jolies, abondantes autour des camps.
Le 1er mai a lieu un passage en revue par le Général des Essars, commandant les forces du Cambodge. Après, notre bataillon défile dans les rues de la capitale.

Je ne sors plus souvent du camp Monivong, mais il m’arrive parfois d’escorter un convoi, et je me souviens de celui de Kompong Trach sur la RC 17 où cantonne la 4ème Cie. Le convoi rejoint Kompong Chnang. Le lac Tonle Sap, immense et profond, reçoit une partie des eaux du Mekong en période de crue. A l’autre bout de celui-ci, à environ une centaine de kilomètres se dressent Angkor et ses ruines. Ici, les bonzes en robes jaunes, perdus dans leur méditation et leur dévotion sont les gardiens du passé et les danseuses de ballets royaux cambodgiens aux yeux grimés et aux doigts aux longues griffes laquées font d’agréables démonstrations de leur prodigieux talent. Au sortir du palais Royal, en dehors de l’enceinte, je donne un coup d’oeil dans un pavillon où loge l’éléphant blanc, pachyderme vénéré par les cambodgiens.

Le 27 mai 1949, je fais partie du détachement qui part par voie fluviale via Saigon. L’autre fraction ne partira que le landemain matin laissant ainsi définitivement le Cambodge.

La Patrouille

« Le 5 janvier 1950, vers 14 heures, sous un ciel ensoleillé, chargé toutefois de gros nuages blancs, une patrouille mixte de la 3ème compagnie du BMTS 28 et de partisans quitte le poste de Ammong pour une reconnaissance de routine en direction de la montagne, à l’ouest de la RC 1. Elle comporte environ la moitié de l’effectif du poste, soit une dizaine de tirailleurs sénégalais et six partisans autochtones et est commandée par l’adjudant Chigot accompagné du caporal-chef Dambarèrès.

Je reste en appui pour servir les mortiers de 60 et de 81, en cas de besoin. Tandis que le sergent-chef Bénedetti se poste en observation au sommet de la tour centrale muni d’un 536 communiquant ainsi avec l’adjudant pourvu du même petit poste émetteur-récepteur. Mes servants, trois tirailleurs très dévoués s’affairent à la préparation des obus, les empilant à proximité des emplacements situés juste au pied de la tour, ce qui nous permet de communiquer facilement de la voix avec le chef.

Pendant ce temps, je pose quelques jalons sur les défenses de terre retenue par des « Caï-Phen » qui sont des panneaux de bambous tressés, très efficaces et courant dans les postes en indochine. Le sergent affecté à notre antique canon de 75 monté sur pneus se trouve en alerte aussi, on ne sait jamais, et le reliquat des gars de la section est en position aux emplacements de combat prévus.

Le contact radio est très bon, vers 15 heures, Bénedetti nous avise de nous tenir prêts, un appel venant de l’avertir que la patrouille est fortement accrochée devant les lisières de Phuoc-Lam, un village situé environ à 2 500 mètres du poste. Les Viets font usage d’une arme automatique et de nombreux fusils, leur effectif doit être égal au nôtre, entre 15 et 20 hommes.
Nos gars sont cloués au sol dans la rizière boueuse à 200 mètres du village, mais heureusement, en bordure de la rivière Ammong, ce qui leur évite un éventuel encerclement. Par chance également, les tireurs viets se sont dévoilés trop tôt, une erreur de stratégie qui nous est favorable. Par contre, notre patrouille a le soleil en pleine face, inconvénient majeur dont il faut s’accomoder. Du poste, nous n’entendons même pas les bruits de la fusillade, hormis les explosions assourdies de quelques grenades à fusil envoyées par un tirailleur. Cela nous fait toutefois un bon repère et l’on peut exactement situer le lieu de l’accrochage par la fumée des éclatements en bordure du village signalé par radio.

Le deuxième message est un véritable SOS, alors que le premier obus de 60 est parti, distance 1 800 mètres. L’adjudant annonce que le tir est beaucoup trop court, mais bien dirigé. J’allonge la trajectoire au maximum, soit 2 000 mètres, et un nouvel appel parvient « Trop court encore, ça nous pète aux fesses, allongez d’au moins 500 mètres… ». Il faut alors utiliser le mortier de 81, tir à 2 500 mètres, l’obus d’essai cette fois tombe en plein milieu du village de Phuoc-Lam. Je rectifie, sur les indications du sergent-chef qui est aux premières loges car nous sommes complètement aveugles derrière nos défenses ; pour viser, je me fie simplement aux jalons.
A droite : 1950, poste de Cau-Haï, Centre Annam, c/chef Fiquet. Uniforme noir et foulard jaune (couleur Bao Daï), casque léger US, PM Mas 38 (7,65 long). Fortin en troncs d’aréquiers, barrières de bambous épointés au feu…
(Collection P. Fiquet – droits réservés)
Mon chargeur fait partir deux obus cette fois, car je pense qu’on est bons, tandis qu’au loin, nous entendons les explosions des gros obus à ailettes, emplissant la campagne indochinoise du bruit de la guerre.

Immédiatement, le sergent-chef hurle depuis le haut de la tour « Vas y, vas y, c’est bon, arrose et feu à volonté. »
A ce moment, les obus sont envoyés à la cadence maximale, mon chargeur et mes pourvoyeurs sont aux anges. Nous ne nous protègeons même plus les oreilles et le bruit caractéristique du départ, sourd, creux, comme un gros bouchon de champagne d’une bouteille géante est pour nous la plus délicieuse des musiques.
Tout le secteur résonne des explosions continues, et bientôt l’incendie se déclare dans les « Caï-Nha » du village car, au cours du tir, je manoeuvre les manivelles à toute vitesse, revenant toutefois au réglage initial. Volontairement, cela provoque la dispersion des obus autour de l’objectif, qui tombent à raison d’environ dix à la minute. Après trente minutes de tir intermittent avec un tube qui commence à devenir brûlant, le chef nous informe de cesser le feu, la patrouille étant de retour. Me retournant, j’aperçois les gars qui traversent le pont, rejoignant le poste, en sueur, crottés jusqu’au cou et tout essouflés. L’adjudant Chigot et le caporal-chef Dambarèrès nous félicitent pour la précision du tir, reconnaissant qu’ils nous doivent une fière chandelle.

Récit et photos de Paul Fiquet

Mais il était temps que l’on intervienne, car les munitions commençaient à manquer, une catastrophe dans ces cas là, et heureusement, il n’y avait aucun blessé à transporter.

L’adjudant ne voulut pas en rester là, une leçon devant être donnée aux viets du secteur retirés sur les premières crêtes de la cordillière annamitique et semblant nous narguer de leurs silhouettes noires qui se détachent admirablement bien dans le soleil bas à quelques 3 000 mètres. Le 75 est facilement transporté de l’autre côté du pont, ça roule tout seul grâce aux pneumatiques, et mis en batterie face à la montagne au milieu de la place du village de Ammong. Un simple trou pour la flèche, le sergent pointe et je fais le chargeur. Ouvrir la culasse, introduire l’obus, refermer, et ensuite le meilleur moment. Au commandement « Feu ! », je tire la ficelle et le canon mal arrimé effectue un véritable bond au départ du coup. Qu’importe, c’est du costaud et malgré les soubresauts, le tir est bon. Bientôt, le sommet de la première colline où les viets se pavanent disparait sous la fumée des explosions. Maintenant, tous les « Nhôs » (gamins) du village tout autour de nous, ravis de l’aubaine, rient aux éclats aux coups assourdissants des départs. Joli tir à vue. Facile, distrayant au point que la nuit arriva et qu’il fallut cesser la corrida. Une dernière canette chez le chinois dont la buvette se trouve juste derrière nous, bien placée en somme. Un dernier obus est envoyé, puis tout le monde rejoint le poste protecteur où l’on s’enferme pour la nuit, comme d’habitude. En résumé, les guerilleros du coin n’eurent pas la vie belle ce jour là, et les résultats invisibles jusqu’alors nous furent dévoilés le lendemain matin par le misérable cortège des blessés provenant du secteur en cause.

Beaucoup de villageois innocents se trouvaient parmis ceux-ci et à cette occasion, six guerilleros furent débusqués. Blessés eux-mêmes, ils s’étaient glissés parmi la population, pensant pouvoir rejoindre également l’hôpital de Hué par le train de 16 heures. Leur jeune age et leurs cheveux coupés courts attirèrent les soupçons sur eux, car leurs habits de toile noire et leurs chapeaux coniques ne les differenciaient pas des autres « Nha-Qués ». Faits prisonniers par nos soins, puis dirigés sur Hué sous bonne garde, à l’hôpital militaire, au cours de leur interrogatoire par le lieutenant Sangla et le sergent Moustique, ils livrèrent des renseignements sur cette affaire. Il y eut énormément de tués parmi eux au cours de notre bombardement, confirmation fut donnée à ce sujet par ces rebelles blessés et prisonniers.

Cette zone de Phuoc-Lam restera toujours hostile pour nos troupes. Ainsi, en 1953, les accrochages persistaient autour de Ammong. Témoin le sergent André Cantelaube, en poste dans le voisinage à Tru-Oï, également sur la RC 1. Chef d’un groupe de partisans indochinois, il vivra, trois ans après nous, une autre aventure au village de An-Cu à proximité de Phuoc-Lam.
Septembre 1950, Cau Haï (Centre Annam) BMTS 28, l’instruction aux partisans. (Collection P. Fiquet – droits réservés)

Au petit jour, une embuscade fut tendue aux viets ; lui-même et ses hommes, à l’affut, décimèrent un groupe ennemi descendant de leur abri dans la montagne.

L’on s’aperçoit alors que souvent l’histoire se répète, avec quelques variantes toutefois, mais dans ce secteur de Hué-Tourane malgré quelques revers nos troupes ont maintenu jusqu’au bout l’honneur et le drapeau français. Le vietminh ne parviendra jamais à évincer notre présence ici jusqu’à la cessation des hostilités le 21 juillet 1954, pas plus qu’il n’effacera l’amitié de millions de vietnamiens pour la France malgré la tragédie de cette lointaine guerre. Bien avant nous, d’autres français ont été fascinés par cette indochine dont tous les anciens ont gardé une blessure au fond du coeur, nostalgiques et amers. »

Récit et photos de Paul Fiquet, adressés au webmaster du site FAVN-ARVN les 23 et 30 mai 2002.